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Présentation Générale
d’ALPHADEV
Conscients du poids de
l’analphabétisme des immigrés, conscients de leurs
difficultés d’intégration et d’adaptation dans leur pays
d’accueil, la France, conscients que pour réussir cette
intégration, il faut une prise en charge du processus ou de
la dynamique qui conduit à l’autonomie de ces derniers, nous
avons décidé de mettre sur pied le Réseau Africain Pour l’Education
Populaire (RAPEP) pour répondre à une demande humaine et
croissante.
Vu les canevas dégagés, immigration, alphabétisation,
intégration et insertion, on peut penser que le Réseau
Africain Pour l’Education Populaire est une association de
plus. Mais un tel jugement affecte notre motivation et sape
nos objectifs. En créant cette association, nous voulons
effectuer un double travail, alphabétisation et
accompagnement, sur un public double : immigrés et
analphabètes Ce qui veut dire une reconsidération du
parcours linguistique et du parcours d’intégration des
immigrés et des analphabètes.
Notre principal objectif est donc d’alphabétiser les
immigrés de toutes origines, les aider à acquérir les
compétences linguistiques requises pour gagner leur
autonomie dans leur pays d’accueil, la France.
Notre premier public, est constitué d’immigrés vivant en
France. Il est évident que pour des raisons quelconques, bon
nombre d’entre eux sont analphabètes ou illettrés en
français. La précision est de taille car on peut être lettré
en russe ou en arabe et illettré en français. Ce qui est, en
soi, un handicap majeur pour vivre dans un pays où tout est
régi par des codes écrits. Toutefois, ce constat ne doit pas
nous permettre de formuler d’emblée un jugement de valeur,
car l’immigré qui ne cherche qu’à travailler veille plus sur
ses aptitudes physiques que sur ses compétences
linguistiques.
Et au moment où on parle d’identité nationale, en la mettant
en parallèle avec l’immigration, nous pensons qu’il convient
de reconsidérer l’intégration des immigrés sous un angle
plus humain et, de fait plus complexe.
En évoquant le triptyque (Immigration, Intégration,
Identité), il convient de garder en mémoire que l’identité
nationale est une dynamique et que les réponses aux besoins
des immigrés pour réussir leur intégration se doivent d’être
également une dynamique qui part d’une mutuelle
reconnaissance identitaire.
C’est dans l’articulation de ces trois paramètres que nous
voulons intervenir pour qu’elle ne soit pas une reproduction
d’une zone de turbulences capable d’anéantir tous les
efforts consentis par l’immigré. Et comme pour nous, la
langue est la manifestation la plus saillante de l’identité,
l’apprendre devient incontournable pour déclencher toute
dynamique d’intégration.
- D’où la nécessité de la considérer comme une valeur
linguistico-culturelle et historico-politique et non comme
une simple manifestation phonique.
- D’où l’intérêt de revoir le statut de l’immigré qui, dans
cette dynamique, n’est plus un simple bénéficiaire mais un
acteur capable de comprendre, prendre avec soi, cette langue
valeur et surtout d’agir sur elle et la faire sienne afin de
la reproduire légitimement dans son univers d’adaptation.
Cette légitimation est nécessaire, car elle brise le
sentiment d’insécurité linguistique, qui est une forme
d’insécurité sociale, source de refus d’intégration chez
l’immigré
L’alphabétisation, telle que nous la percevons, est plus
qu’une dynamique de conscientisation, plus qu’une méthode ou
activité mécanique, elle est un processus de libération, une
acceptation manifeste de modifier son parcours linguistique
et sa trajectoire identitaire qui à terme, peut être
synonyme d’intégration. C’est cette approche
révolutionnaire, parce qu’apportant des valeurs nouvelles à
l’alphabétisation que nous voulons développer au sein du
réseau pour notre public apprenant.
Toutefois, même si nous la voulons révolutionnaire, elle ne
sera pas l’unique référence de nos activités. D’autres
théories et d’autres approches complémentaires seront aussi
visitées.
Nous comptons aussi mener d’autres actions, qui s’inscrivent
dans le temps, car nécessitant des moyens consistants, et
qui concernent les candidats à l’immigration. Si notre
association résiste bien, dans la durée, aux aléas
financiers nous aimerions intervenir dans les pays
d’origine. Soulignons d’abord que nous n’avons nullement la
prétention de les retenir chez eux. Mais nous souhaitons les
sensibiliser aux réalités de l’univers occidental, qui est
loin d’être un eldorado. Notre volonté est d’accompagner les
efforts de développement des populations africaines en
renforçant leurs compétences par l’éducation et la création
de moyens d’existence durables.
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