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Introduction à la
problématique de la politique linguistique en Afrique
Francophone
Sous
l’occupation française, la politique linguistique appliquée
en Afrique est une copie de celle appliquée en métropole,
avec une volonté de mettre sous silence les langues
nationales, pour faciliter l'assimilation culturelle et
linguistique. Ce qui renvoie à la conception française et
unitaire qui rejette toute diversité : une nation, une
langue.
Avec les indépendances, les nouveaux dirigeants optent pour
une “ rupture ” de politique linguistique. L’Afrique
francophone choisit le français comme langue officielle. Les
nouveaux dirigeants politiques privilégient la langue qui
leur paraissait la plus immédiatement disponible et
opérationnelle.
L’alphabétisation date, officiellement, du 19° siècle. Avec
les indépendances, l'alphabétisation devient une priorité
pour les nouveaux dirigeants, qui sont conscients du poids
énorme de l'analphabétisme des Africains et de ses
conséquences. Considérant l'analphabétisme comme un fléau
retardant tout espoir de développement, ils ont débloqué
beaucoup de moyens et élaboré plusieurs politiques, pour
arriver à bout de l’analphabétisme, qui est aussi nuisible
que les grandes épidémies.
Cependant, malgré tous les efforts consentis en matière
d'alphabétisation depuis Jean Dard, l’Afrique connaît
toujours un taux inquiétant d'analphabétisme. Les
statistiques se construisent souvent en rapport avec les
avancées dans la scolarisation des plus jeunes. Les
statistiques étatiques ignorent une bonne partie de la
population constituée d’actifs, c’est-à-dire toutes les
personnes qui embrassent une profession ou une activité sans
bagage nécessaire : lire, écrire, compter. D'où la nécessité
d'analyser d’une part, les actions qui ont été menées afin
de détecter les causes ou les raisons qui sous-tendent
l'échec noté dans les volontés politiques d'éradiquer
l'analphabétisme. D’autre part, de voir dans les
orientations fixées par les autorités gouvernementales, s’il
existe d’autres publics visés dans l’optique du
développement des forces vives.
Poser la question fondamentale du “ pourquoi ” de cet échec
n'est pas une façon de nier ce qui a été fait. Analyser les
manquements et les faiblesses de l'alphabétisation en
Afrique est pour nous une façon de la redynamiser, de la
réorienter et de la rendre plus conforme aux exigences du
développement qui demeure un défi.
Le premier constat qu'on peut faire, après une lecture
objective de l’histoire de l'alphabétisation en Afrique,
c’est l'éternel recommencement des politiques linguistiques
planifiées depuis les missionnaires. Il n'y a jamais eu de
continuité et, les ruptures sont loin d'être “ tranquilles
”. C’est avec les indépendances que les incohérences
deviennent plus importantes et, sapent toutes les actions
menées contre l'analphabétisme et toutes les réformes
aménagées pour gérer le multilinguisme du continent.
Il est clair que devant la complexité linguistique et
ethnique de l’Afrique, il apparaît très difficile de
valoriser une langue au détriment des autres. Mais force est
de constater qu’elles ne peuvent pas, toutes, loger au même
étage. Un choix linguistique se pose et s'impose, pour
l'alphabétisation.
Et si c'est le français, il faut qu'on sache à quel français
se vouer ! Opérer ce choix de langue, c’est aussi revoir la
place et le statut de l'apprenant. Car c'est par rapport à
lui et à son environnement socioculturel que ce choix doit
se faire.
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